1944-02 Correspondances de Londres
Le 10 Février 1944
Equipement type de l’officier de liaison de campagne
A l’entrée en campagne, l’officier devra posséder tout le matériel donné le tableau ci-joint, sauf le révolver, les jumelles, la boussole, et le camp-kit, qui seront perçus ultérieurement.
(lire la suite dans le fichier « 1944-02-10 Liste de materiel »)
Lettre du 10 Février 1944. De Ernest H. Cooper, Gouvernement de l’Irlande du Nord, Agent de Grande Bretagne.
Cher Saint Léger,
Je comprends que vous attendez de nos nouvelles concernant la possibilité d'obtenir un permis immédiat pour vous rendre à Belfast. Nous avons fait des démarches diligentes et pressé la question, mais il est impossible de contourner la règle.
Le Bureau de la Guerre (War Office) doit disposer de 14 jours pour examiner chaque cas avant qu'un permis ne soit accordé. Nous ne pouvons donc pas accélérer la procédure à ce stade, d'autant plus que votre départ est prévu dans 14 jours ; vous ne pourriez pas en tirer avantage.
La seule solution pour poursuivre votre projet de voyage à Belfast est de nous donner, disons, trois semaines pour obtenir le permis, puis organiser votre départ à une date qui vous permettrait d'en profiter.
Je parlais à M. Jack Mackie au téléphone ce matin, et il m'a demandé l'honneur de faire votre connaissance. J'aimerais beaucoup vous rencontrer. Malheureusement, je dois me rendre à mon usine demain pour le déjeuner, mais je serai à l'adresse ci-dessus de 10h à 11h30. Si vous pouvez passer ou téléphoner à cette heure-là, je serais ravi.
Veuillez agréer, cher Saint-Léger, l'expression de mes salutations distinguées.
Ernest H. Cooper, Directeur des services d’informations
Le 04 Mars 1944. De Albert Foundry, Belfast – A Lt. Claude St. Leger, c/o. Mrs. Vane, 6 Cresswell Gardens, Kensington, London:
Mon cher Claude,
Mes remerciements pour ta lettre du 28 Fevrier adressée à Jim qui est encore dans une clinique ; Il se porte considérablement mieux et pense pouvoir rentrer chez lui aujourd’hui. Je ne pense pas que nous le verrons entièrement remis et à son travail avant quelques semaines.
Il avait une mauvaise dose de "fibrositis", qui est, on me dit, une bactérie qui attaques les nerfs musculaires, particulierement aux articulations, causant des enflures et rendant tout mouvement très douloureux. Jim a reçu diverses formes de traitements, mais je pense que les dernières injections et le repos au lit lui ont fait le plus de bien.
J'apprends de Monsieur Ernest Cooper qu'il a écrit au Commandant de Boislambert à la Mission Militaire Française concernant la possibilité de t'accorder une permission avec assez de préavi pour te permettre de venir à Belfast, et Monsieur Cooper t'a envoyé une copie de la réponse reçu du Commandant Clémenceau, indiquant qu'une permission te sera accordée dès que possible et que tu en sera informé à l'avance pour te permettre d'obtenir le permit de voyage pour le Nord d'Irlande.
Nous avons tous hâte de te revoir après si longtemps, et d'après ta lettre tu devrais finir ton cours fin avril, de sorte que nous devrions avoir l'occasion de te voir ici environ vers le mileu du mois de mai.
J'envoie ta lettre a Jim qui t'écrira certainement.
Bien cordialement à toi
Lettre du 16 Mars 1944. De P___, Alger (Comité de la libération nationale). A Claude.
Mon cher Saint-Léger,
Ayant un ami qui part pour Londres et qui veut bien se charger de vous porter votre correspondance, je vous envoie tout ce qui est arrivé pour vous jusqu’ici. Presque tout est d’ailleurs parvenu à Alger cette semaine. J’ai recopié toutes les lettres et vous en enverrai un résumé par la poste pour le cas où elles ne vous parviendraient pas.
Ginette donne de vos bonnes nouvelles dans chaque message hebdomadaire qu’elle envoie à ma mère.
Je viens de revoir votre lettre du 28 Février qui nous a complètement tranquilisé sur votre voyage et ma permis de rassurer vos amis qui commençaient à s’inquiéter (j’écris aujourd’hui à votre femme).
Tous vont bien. Constant et Segin Blanchard sont très occupé par le congrès des Ingénieurs. Ils vous envoient leurs amitiés.
Quant à moi, mon travail est de plus en plus intéressant. Je m’entends à merveille avec « Aicord » et comme j’ai maintenant une voiture, que le printemps s’annonce et que Ginette est en bonne santé, la vie ne me semble pas trop dure. Seule la France nous manque. Notre __t__ est-il proche ?
En souhaitant que de votre côté, votre nouvelle vie vous plaise, je vous envoie mes meilleurs amitiés et celles de Ginette.
P.S. : je suis allé rue Charras sans succès. Je vous ai écrit par avion chez « Lecointu », il y a une quinzaine.
Le même courrier qui m’apportait ce matin votre lettre, me donnait des nouvelles de votre femme, de vos enfants ; nouvelles excellentes ; désirant tous des vôtres. Peut être s’émerveilleront ils de posséder si vite ce qu’ils désiraient … Mais … On ne s’étonne plus de rien. C’est un sentiment tout à fait usé depuis que les évènements les plus impressionnants tombent comme grêle.
Je suis en correspondance régulière avec mes enfants. ___ suis je à votre disposition pour faire transmettre par eux, et dans mes lettres les petits mots tant attendus.
Avez vous appris que Daniel est à présent à Gibraltar comme officier a la Liaison Marine Française ? Officier de quoi ? Je me le demande.
Recevez, cher monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
J. Segard
Lettre du 28 Mars 1944. D’Alphonse Motte, The Rhyddings, Rochdale Lancs
Cher monsieur,
Je viens de recevoir votre aimable lettre à laquelle je m’empresse de répondre. Notre ami Miche « Hincelin » vous aura expliqué les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons ici, Monsieur Paul Motte « Zilerghiem » (mon oncle) et moi-même. Nous serons très heureux de vous rencontrer à Londres à votre prochain passage là bas, ce qui ne saurait tarder. Nous nous présentons à l’avance afin que nous puissions organiser un rendez vous.
Nous avons appris ce matin qu’un monsieur « Touan » était également arrivé à Londres et cherchait à se mettre en rapport avec mon oncle. Nous ignorons encore son prénom. Il a maintenant notre ___ et nous allons sans doute recevoir un mot de lui. Il est probable que vous le connaissiez et sans doute est-il arrivé avec vous. Quelle tragédie que la mort de notre cher ami Daniel et quelle épreuve pour sa famille.
En attendant le plaisir de nous rencontrer nous vous envoyons l’assurance de nos sentiments les meilleurs.
Lettre du 05 Avril 1944. De «Teconte» - à Claude
Cher ami,
Je n’ai malheureusement rien reçu d’Alger pour vous. Ne vous tracassez pas trop car il paraît qu’il n’y a plus de courrier a___ et cela va augmenter les délais qui étaient déjà très longs.
Je viens de prendre quelques jours de congé qui m’ont fait le plus grand bien. Je suis rentré pour trouver toujours autant de travail ce qui m’a ___ rejouissant.
Quand vous passerez par Londres, il y a une chambre pour vous Brook Street et vous me seriez ___ ___ ___.
Très amicalement
Comment va votre moral ?
Le 09 Mai 1944. De Albert Foundry, Belfast – A Lt. Claude Saint-Léger, Southlands, Parkside, Wimbledon, London S.W. 19
Mon cher Claude,
J'ai bien reçu ta lettre du 29 avril adressée à Jim qui se trouve maintenant en convalescence à Rostrevor, environ 50 miles de Belfast. Je suis heureux de dire que sa santé est beaucoup améliorée mais il faudra encore quelque temps avant qu'il puisse revenir au travail.
Il m'a. chargé de te dire que c'est peu probable qu'il puisse venir à Londres au cours de ce mois, mais s’il trouve que ça peut se faire il t’écrira ou télégraphiera avant, pour arranger un rendez-vous à Wimbledon ou à Londres comme proposé.
Je suis heureux d’apprendre que tu vas bien et j’espère avoir l’occasion de te voir dans un temps pas trop éloigné.
Amitiés sincères à tous.
Et bien à toi
Lettre du 10 Mai 1944. D’Alphonse Motte, The Rhyddings, Rochdale Lancs - à Claude à Londres
Cher monsieur,
J’ai bien reçu votre aimable lettre dont je vous remercie. Mon oncle, Monsieur Paul Motte et moi-même avons l’intention d’aller passer quelques jours à Londres au tout début de Juin. Je vous écrirai à nouveau pour vous confirmer notre arrivée, mais en principe, nous avons prévu d’être à Londres le dimanche 4 Juin pour pouvoir vous voir. Nous avons qu’il y avait un monsieur « Tonan » du Nord, qui a du arriver en même temps que vous à Londres. Est il avec vous ? Et si vous le connaissez, quel est son prénom ? S’il était avec vous, nous aimerions le voir en même temps que vous. Évidemment il est possible que si l’invasion commençait ce mois-ci (et personnellement je le pense) nous ne pouvions par vous téléphoner facilement pour aller à Londres. Mais par les temps qui courent, il se peut que faire des trajets et attendre, je ne doute pas que vous soyez très occupé. Votre lettre m’a vivement intéressée a ____. J’espère le plaisir de faire votre connaissance mais déjà je me permets de vous envoyer mon souvenir le plus amicale auquel je fais écho de mon oncle.
A votre entière disposition si nous pouvions vous être utile à l’occasion.
Alphonse Motte
Le 17 Mai 1944. De Albert Foundry, Belfast – A Lt. Claude Saint-Léger, Southlands, Parkside, Wimbledon, London S.W. 19
Mon cher Claude,
Comme Lavens t'a informé, je ne pouvais venir en Angleterre, et avec les restrictions actuelles, il semble peu probable que je puisse entreprendre le voyage même si je me portais assez bien pour voyager.
Dans mon courrier de ce matin j'ai reçu une lettre adressée à toi aux soins de moi-même et je me demande maintenant si je dois en conclure que tu vas venir ici. Lors de mon séjour de vacances il y a quelques jours, j'ai rencontré un de tes compatriotes qui est attaché à l'Armée Américaine dans une capacité similaire à la tienne et si tu pouvais être attaché à une unité ici, ce serait idéal.
L’officier en question vient d’Alsace et il m’a dit qu’un de ses amis travaillait ici était Dolfus Migg. N’est ce pas les gens de l’industrie de la Soie qui étaient en rapport avec Agache et Kuhlman avant la guerre ?
Mon cher Claude, bien à toi
Lettre du 29 Mai 1944. D’Alphonse Motte, The Rhyddings, Rochdale - à Claude à Londres
Mon Cher ami,
Comme projeté, mon oncle Monsieur Paul Motte et moi-même serons à Londres fin de cette semaine et nous serions heureux si nous pouvions vous voir Dimanche prochain. Nous pourrions nous rencontrer Dimanche vers midi et quart au Cercle de la Maison de France - 3 Cavendish Square - London – W.I. Le Dimanche il semble que c'est un des meilleurs endroits pour déjeuner. J'écris par ce même courrier au Lieutenant Georges Fouan dont nous voudrions faire la connaissance par la même occasion.
Nous espérons bien qu'il vous sera possible de vous rendre libre et en attendant le plaisir de faire votre connaissance nous vous prions de croire à nos sentiments les plus amicaux. %
Veuille être assez aimable pour nous mettre un petit mot au Park Lane Hotel – Piccadilly London pour confirmer ce rendez-vous.
Alphonse Motte